Découvrez le nouvel album d’Eric Legnini, “Sing Twice!”

Avec The Vox en 2011, Eric Legnini confirmait qu’il était un compositeur généreux et doué pour accompagner les voix singulières, comme celle de Krystle Warren. Une victoire du Jazz plus tard, le pianiste belge, présente Sing Twice !, un album riche de ses rencontres sur scène, au croisement du jazz, de la soul, de l’afro beat et de la folk.

Eric Legnini, toujours accompagné de l’Afro Jazz Beat, (dont le batteur Franck Agulhon et le contrebassiste Thomas Bramerie) compose cette fois ci avec trois voix majuscules, relevées ça et là d’une section de cuivres, d’une guitare funky, de quelques percussions de l’Afro Jazz Beat.

Les voix c’est d’abord celle d’Hugh Coltman, croisé lors de l’émission “One Shot Not” sur Arte. C’est ainsi qu’Eric convie le chanteur anglais lors d’un premier concert à l’automne 2011. “Il apportait une tournure plus blues, plus soul, plus Stevie.” Tant et si bien que désormais Hugh devient un membre à part entière du groupe, comme le confirment les trois thèmes superlatifs où son timbre singulier, un brin dandy pouvant prendre les accents d’un falseto blues, fournit la couleur principale de cet album aux reflets multiples : soul pop.

Deux autres chanteuses mettent d’ailleurs leur grain de soul sur cette galette : la Malienne Mamani Keita, dans une veine plus clairement afro funk, et l’Américano-Japonaise Emi Meyer dans un registre nettement plus folk. “Avec Mamani, j’ai réussi à achever ce que j’avais entamé sur The Vox. L’Afrique très présente est cette fois incarnée par cette griotte qui habite avec une intense énergie les deux titres que je lui ai proposés. Quant à Emy, elle offre un autre point de vue, plus clairement folk pop”.

Pas de doute, jusque dans sa conception, Sing Twice ! affiche ses prétentions : un disque de jazz aux contours pop, un album de pop aux atours jazz, avec de multiples références de Stevie Wonder (If Only for a minute), à Fela Kuti (The Source), en passant par les BO de films classique italiens (Cinecitta).

Sing Twice ! se cale sur le format de la chanson, tout en préservant la forme jazz. De toute façon, on joue en studio comme en concert : on se lâche, on prend des risques. Il s’agit d’un trio avec voix !

#MusicMonday – La chronique de Billy Bop du lundi 28 janvier

Alerte à la morosité sur la France en ce début 2013 !…ciel bas depuis des jours, trop plein de pluie, trop plein de gris, et le moral est en berne pour qui n’a pas la chance de couler des jours tout blancs à la neige ! Histoire de mettre un peu de blanc dans le gris, un excellent remède anti-morosité nous permet de retrouver un peu de pêche même si ce n’est pas vraiment un fruit de saison : la musique !

Voici donc pour ce lundi (pas) au soleil un album sous forme de posologie médicale : dès les premiers symptômes, penser à se marrer, matin et soir avec un retour sur une bien belle surprise qui va nous décaper le gris du ciel à l’eau de javel, nom du dernier album d’Anaïs, passé un peu (trop) inaperçu il y a presque un an déjà.

Cette fois-ci la belle remet en selle avec le talent et l’originalité qu’on lui connaît, de vieilles chansons réalistes des années plus ou moins folles du XX ème siècle !

L’intro partagée avec André Manoukian annonce la couleur et même les couleurs qui introduisent un album tout en surprises, piste après piste. C’est ainsi que s’enchaîne quelques bijoux de ses dames à la gouaille grinçante, aux textes acides et piquants, qui viennent comme de bien sexy fantômes agiter un début de XXIeme siècle aseptisé, sécuritaire et péteux…

« Je voulais surtout montrer que l’on savait davantage s’amuser avant. Je trouve qu’ils riaient plus de tout. C’est ce qui m’a intéressé dans ce projet. A savoir la finesse des textes. Je les trouve plus pertinents que certains textes d’aujourd’hui… »

Habillées de costumes musicaux variés, modernes, aux arrangements croustillants et interprétées façon Anaïs, ces chansons ne perdent pas leur swing et caustique d’origine, jusqu’à lui coller à la peau, un bien beau pari, réussi ! Le retour sur les versions originales de certaines chansons nous donne la mesure du travail réalisé, et dissipe bien des nuages !

Si j’étais une cigarette, chanson écrite par Louis Poterat et André Salvador était interprétée en 1949 par Eliane Embrun. Anaïs la ressuscite version pop-rock…un comprimé par jour le matin au reveil.

Le fabuleux Tango stupéfiant (paroles et musiques: R. Carcel, H. Cor, P. Olive) est chanté en 1936 par Marie Dubas, la reine du Music Hall de cette époque…et principale inspiratrice de la môme Piaf ! Finement mise en groove, la chanson dépasse ici les 5 minutes mais on en prendrai bien 5 de plus !…1 ou 2 prises le midi avant le repas selon douleur.

Vous disiez Piaf ? Mon Dieu était chantée par Edith Piaf en hommage à son Marcel en 1960 sur des paroles de Michel Vaucaire et une musique de Charles Dumont. La version d’Anaïs est comme une respiration dans l’album, les arrangements tout en finesse, la rythmique remarquable, à l’image d’un rythme cardiaque à la fois amoureux et essoufflé par la douleur de l’absence. 1 sachet dilué dans un verre d’eau le soir avant de se coucher.

Mon anisette est une chanson enregistrée en 1932 mais qu’Andrée Turcy chantait depuis déjà plus de 10 ans… Quand on veut être heureux // Y a que les spiritueux // L’alcool est un bienfait des dieux… 80 ans plus tard, Mon anisette, avec ou sans modération, reste synonyme de bonheur à l’écoute avec cette dernière version tout aussi titubante ! Une ou 12 doses selon humeur, accompagné, par jour.

Si ces quelques remèdes vous ont fait du bien, à vous de découvrir ou redécouvrir l’ordonnance en entier dont le final, mélange de Tina Turner d’ accordéon et de Kazoo, nous confirme une chose : en terme de dépoussiérage, Anaïs peut tout !

Tiens ?! et si nos abonnements spotify étaient remboursés par la sécurité sociale ? Comment ça c’était pas dans le programme de campagne ?!

Si vous aimez l’oreille de Billy Bop, n’hésitez pas à aller goûter à son œil sur son blog photos.